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L'INTERVIEW DE LA SEMAINE

Entretien avec Nicolas Boutet, Directeur Général de Wedia


Le groupe spécialisé dans l'édition de logiciels de gestion de contenus et de publication multi-supports (web, papier et Internet mobile) à destination des professionnels de la communication, du marketing et de la presse, s'est récemment introduit en Bourse sur Alternext. Rencontre.


Pouvez-vous nous présenter Wedia ?

Nicolas Boutet : Nous sommes un éditeur de logiciels, avec un peu moins de dix ans d’existence, et spécialisé dans  «la publication CrossMedia». Nous nous adressons essentiellement aux directions des entreprises pour leur fournir les outils logiciels destinés à les aider à produire leurs supports marketing et communication. Ceci, aussi bien pour des supports papier comme des brochures catalogues, plaquettes commerciales, affiches, que des supports numériques comme des sites web ou des newsletters.

Nos solutions ont pour vocation d’aider les équipes marketing à centraliser l’ensemble des contenus, des messages, des images, des logos, des modèles, à organiser le travail des intervenants internes et externes comme les agences et à produire les supports du marketing et de la communication. C’est une solution tout en un.

 

Dans le contexte concurrentiel dans lequel vous évoluez, quels sont les atouts de Wedia ?

N. B. : Nous avons un atout majeur, c’est d’être l’un des rares acteurs à avoir un niveau d’expertise pointu, aussi bien sur le papier que sur le web. Nous sommes capables d’accompagner nos clients dans leurs publications numériques mais aussi sur des publications papier. Cette double expertise nous différentie très souvent de la plupart de nos concurrents qui sont soit uniquement positionnés sur le domaine des publications numériques ou uniquement sur les supports papier.

 

Vos clients se trouvent dans tous les secteurs d’activité ?

N. B. : Oui, car finalement, toutes les entreprises sont confrontées aux problématiques de la communication. Jusqu’à peu, nous nous adressions essentiellement aux grandes entreprises avec des problématiques marketing et communication assez sophistiquées. Mais à travers nos nouvelles offres, notamment notre solution en mode SaaS (software de service), solution clé en main permettant une économie de coûts et accessible aux PME, nous nous adressons désormais à l’ensemble des entreprises, qu’elles soient de grande taille ou de taille plus modeste.

 

Pouvez-vous nous donner quelques éléments financiers sur le groupe ?

N. B. : Nous avons réalisé près de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009, avec un résultat net de 130,000 euros. Nous avons toujours été profitables depuis notre création. En termes de perspectives, nous avons démarré l’année 2010 sur un rythme de croissance d’un peu plus de 25%, avec un certain nombre de nouveaux projets significatifs. Nous souhaitons tenir ce rythme de croissance sur l’ensemble de l’année.

 

Votre rythme de croissance est plus élevé que l’an passé ?

N. B. : Oui, car 2009 a été une année un peu délicate. Cela pour deux raisons : le contexte économique défavorable et le démarrage de nos nouvelles offres en mode SaaS. Ces dernières ont beaucoup de mérite, mais un petit inconvénient, celui de décaler les revenus dans le temps. Nous facturons l’utilisateur à l’acte au lieu de facturer une licence à la signature du contrat. Ainsi, notre activité commerciale en 2009 a été globalement stable par rapport à 2008, mais une partie du chiffre d’affaires a été reportée sur les années 2010, 2011 et les suivantes.

 

Constatez-vous une reprise des budgets des entreprises par rapport à votre activité ?

N. B. : Nous sommes très satisfaits de ce point de vue depuis le début de l’année. Cette tendance est visible depuis septembre 2009. Les choses se sont décantées, les nouveaux projets sont nombreux. Il faut être toutefois prudent quant au terme de reprise, car nous sommes quand même confrontés à une visibilité assez faible, finalement, sur les projets futurs. Cela dit, nous avons la chance d’être sur des projets et des outils qui apportent essentiellement de la productivité et des économies aux entreprises – et notamment au budget marketing – ce qui est porteur dans le contexte actuel.

 

Vous êtes cotés sur Alternext depuis le 12 juillet et avez procédé à une augmentation de capital via un placement privé. Pourquoi ces opérations ?

N. B. : Depuis 2009, nous nous adressons à une cible de clientèle beaucoup plus vaste. Nous adressons désormais les PME ou les ETI, à travers nos solutions en mode SaaS. Le premier atout de la Bourse, c’est d’être un facteur de communication auprès d’un public qui ne nous connait pas. Le premier objectif  est donc de profiter de cette visibilité pour mieux communiquer et être plus efficace commercialement.

La deuxième raison de l’opération est un objectif de financement dans la durée. Le développement de nos offres va sans doute nécessiter de nouveaux besoins de financement dans les mois et années à venir. Pour cela, la Bourse est un très bon véhicule.

Enfin, nous avons dans le passé réalisé différentes opérations de croissance externe. Nous souhaitons poursuivre dans cette voie. Nous avons actuellement un certain nombre de dossiers à l’étude. Pour notre taille d’entreprise, ces opérations se font avec du cash, mais aussi avec de l’échange d’actions. Le fait d’être côté rend le « papier » Wedia beaucoup plus attractif que par le passé et nous permet de réaliser des opérations de croissance externe dans de meilleures conditions, de les faciliter en tout cas.

 

Quels vont être les autres axes de développement stratégique pour l’entreprise ?

N. B. : Le SaaS, très clairement, est un relais de croissance important. Jusqu’à maintenant, nous travaillions essentiellement pour des grands comptes. Nos solutions ne pouvaient pas répondre aux attentes des PME compte tenu du coût initial des licences et des problématiques d’intégration informatique. Avec notre nouvelle offre en mode SaaS, nous offrons désormais des outils pour les PME, ce qui crée un important marché potentiel et un réservoir de croissance considérable.

 

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Propos recueillis par Jean-Christophe Rolland

 

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