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L'INTERVIEW DE LA SEMAINE

Entretien avec Nicolas Heuzé, Directeur Général de Bionersis


Le spécialiste des projets de valorisation énergétique du biogaz lance la première obligation "CO2".


Vous lancez la toute première obligation rémunérée en fonction du prix du carbone. Quelles sont les caractéristiques de ce produit ?

Nicolas Heuzé : Il s’agit d’une OBSA, rémunérée avec un coupon fixe de 7% auquel s’ajoute une partie variable indexée sur l’évolution du cours du crédit carbone, qui peut faire monter le coupon annuel à 15%. Le principe est que dès que le crédit carbone atteint un prix de 14 euros, la partie variable commence et augmente de façon linéaire jusqu’à 22 euros pour atteindre 15% qui est le plafond.

Aujourd’hui, un crédit carbone s’échange à un taux moyen de 13 euros. Les analystes situent son prix autour de 20 euros à horizon 2012 et significativement au-dessus à partir de 2013. C’est un consensus général des analystes.

A chaque Obligation sont attachés 10 BSA, ce qui représente un nombre total maximum de 500 000 BSA en cas de souscription intégrale de 50 000 OBSA. Cela représente un montant d’émissions obligataires de 15 millions d’euros. Chaque BSA permet d’acquérir une action de la société Bionersis, au prix d’exercice de 8.50 euros pendant les cinq prochaines années.

 

Quelle va être l’utilisation du montant levé ?

N. H. : L’objectif est de continuer à développer les projets de Bionersis. Aujourd’hui, nous avons quinze projets développés ou en développement. Neuf d’entre eux sont actuellement opérationnels et six sont en construction et seront opérationnels d’ici à la fin de l’année. Le portefeuille initial de quinze projets a été – et est – financé par les fonds propres de la société et par de la trésorerie générée dans le cadre de contrats de vente de crédits carbone à des industriels. Cela représente à peu près une douzaine de millions de crédits carbone à produire sur les dix prochaines années.

 L’objectif de ce financement, c’est de continuer à développer nos réserves, et l'on estime qu’avec une quinzaine de millions d’euros, nous pouvons augmenter de près de 50% nos réserves de crédits carbone et faire les investissements nécessaires pour pouvoir générer ces crédits carbone.

Le second objectif, c’est d’initier la phase II. Sur nos sites, nous captons et détruisons du biogaz (en l’occurrence du méthane) pour faire des crédits carbone, c’est la phase I. La phase II consiste à non pas simplement détruire le méthane, mais aussi l’utiliser pour générer de l’électricité. C’est le deuxième étage de la fusée, qui vient en complément de l’activité de production de crédits carbone. C’est quelque chose que nous allons commencer à initier maintenant. Dès 2011, nous prévoyons d’être producteur d’énergie propre, notamment en Asie, en Thaïlande sur le site de KPS, et dans les mois ou années qui suivent sur d’autres sites actuellement exploités par Bionersis.

 

Comment se comporte l’activité depuis le début de l’année ?

N. H. : De bonne façon. Nous avons démarré un certain nombre de projets, notamment deux très importants en République Dominicaine et un au Vietnam, qui vont chacun produire plusieurs centaines de milliers de crédits carbone chaque année. Nous avons, sur le plan commercial, finalisé la reprise d’un consortium au Vietnam, pour un très gros projet à Hanoi et nous discutons maintenant d’autres opportunités dans le pays. Nous sommes également sur plusieurs discussions qui vont être finalisées d’ici la fin de l’année pour reprendre des projets ou en monter de nouveaux dans différents pays d’Amérique Latine ou d’Asie. Nous suivons notre plan de marche.

Sur le marché du crédit carbone, la tendance est bonne. Le crédit carbone s’échange autour de 13 euros aujourd’hui. La plupart des analystes qui suivent la valeur ont récemment remonté leurs prévisions de prix sur les prochaines années et le consensus est un prix du crédit carbone flirtant avec les 20 euros à horizon 18 à 24 mois.

Nous avons réalisé notre transfert sur Alternext en mars dernier. Au même moment, nous avons réalisé une augmentation de capital qui a eu un large succès, sursouscrite près de cinq fois.

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Propos recueillis par Jean-Christophe Rolland

 

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